1888, Jack l’éventreur et les fantasmes victoriens

jackeventreurfantasmesTitre : 1888, Jack l’Éventreur et les fantasmes victoriens
Auteur(e) : Roland Marx
Maison d’édition : Édition Complexe
Genre : Documentaire / Essai
Parution : 2007 (France)
Note : 16/20

Résumé :
« Jack l’Éventreur » : un des plus célèbres criminels de l’histoire, d’autant plus connu peut-être que le mystère de son identité n’a jamais été percé et que les hypothèses les plus folles, y compris la mise en cause de proches parents de la reine Victoria, ont été avancées à ce sujet et continuent de se nourrir de « révélations » successives. Cette « affaire » sert de point de départ à une enquête sur les mentalités victoriennes qui, seules, peuvent expliquer l’étrange écho provoqué par cette série de meurtres sordides. On s’aperçoit bien vite que les Victoriens vivaient en proie à quelques grandes peurs : la maladie et la mort, le sexe, l’espace urbain qui, dans la « moderne Babylone » Londonienne recelait des bas-fonds terrifiants et des menaces aussi diffuses que redoutées. En 1888, les grandes barrières contre le mal, la famille, la propriété, la religion apparaissent branlantes dans un royaume gouverné par une souveraine exemplaire, mais vieillissante. Les grandes valeurs morales, l’ordre social et politique fléchissent, la « peur du rouge » se développe, on vit sur une croûte de civilisation qu’un grand cataclysme menace d’engloutir dans les laves révolutionnaires. Les crimes de Jack réveillent ou révèlent des fantasmes inavoués ou inavouables. Dans les brumes épaisses de novembre 1888, d’aucuns ne savent plus trop s’ils vivent l’avènement de la grande perversion sexuelle ou si les ombres fantomatiques de la Révolution sociale ne revêtent pas l’apparence du meurtre sordide comme signe annonciateur de la subversion finale. Historien français. Roland Marx est né en 1933 et décédé en 2000. Éminent spécialiste de l’histoire britannique moderne, il était professeur à la Sorbonne. Il est l’auteur de nombreux livres sur l’histoire et la société anglaises.

Avis de Yuki :
Jack l’Éventreur, ce tueur qui fascinait tout le monde autant qu’on le craignait, et dont on parle encore avec une certaine fascination et un certain dégout.
Meurtrier tellement célèbre que l’on peut même revivre les traces de ses meurtres, la nuit, à Londres. Jack est une attraction touristique, au même titre que Big Ben et autre grand monument.
Et pourtant, pourquoi ce meurtrier fascine tellement ? Pourquoi lui et non un autre ? Comment se fait-il que l’on n’ait jamais eu, un quelconque indice pour trouver le véritable meurtrier ?

Eh bien, ceux sont des questions dont nous n’aurons pas les réponses dans ce livre. D’ailleurs, nous n’aurons jamais une quelconque réponse sur l’identité de ce fameux Jack, et nous ne saurons même jamais pourquoi les meurtres se sont arrêtés aussi brusquement qu’ils ont commencé.
Ici l’auteur, historien de profession, s’intéresse plus particulièrement au contexte politique et social qui a entouré les meurtres. D’ailleurs, en regardant la biographie de l’auteur, cet historien était un passionné de la période victorienne. Mais revenons plutôt à ce livre.

D’abord, Roland Marx utilise Jack et ses meurtres comme point de départ pour son étude, pointant du doigt la précipitation de la police pour arrêter le meurtrier. Les corps étant découpés avec une telle précision que seul un Schohet (boucher) juif pouvait être le meurtrier.
Malheureusement cette hypothèse n’a jamais abouti. De plus, la quête de l’assassin n’est restée qu’au stade des hypothèses folles et sans aucun fondement, tout y est passé, un membre de la famille royale jusqu’au meurtrier mystique.

Marx rappelle surtout avec ce fait divers, la peur que tous ces meurtres ont créée, les critiques véritablement virulentes des journalistes au sujet de la police. Mais surtout, ce fait divers a mis le doigt sur un sujet dont tout le monde se détournait : WhiteChapel. Ce petit quartier pauvre de Londres, où la misère sociale règne. Et de ce point, Marx va dresser un portrait peu reluisant du Londres de cette époque.
Roland Marx écrit son livre en plusieurs parties qui rencontrent d’innombrables sous partis. Et l’auteur va y écrire tous les contextes politiques, sociaux et urbains du Londres de la reine Victoria.
Et je peux vous garantir qu’il ne faisait pas bon de vivre à Londres à cette époque. Si cette ville était nommée la « moderne Babylone », c’est essentiellement à cause de sa pollution constante qui créait un brouillard à longueur de temps. D’où le fait que ce fameux Jack l’Éventreur ait pu aussi facilement faire ses méfaits et semer la police.

L’auteur nous raconte également les différences de classes, le fait que les pauvres vivaient en grand nombre dans une toute petite pièce. La prostitution de l’East End, et tous les vices de la luxure ayant influencé — sans le vouloir — l’importance religieuse.
L’auteur raconte presque tout de l’époque victorienne dans ce livre, cela va de la famille royale à la politique et ses changements, la création des luttes syndicales, les classes ouvrières, la place de la femme et de l’enfant dans la société, le besoin du travail, etc….
Autant vous dire que j’en ai beaucoup appris sur cette période anglaise, et ce livre, même s’il est assez difficile à suivre, est très intéressant.
Je ne suis pas une grande passionnée de l’histoire d’Angleterre, mais j’ai beaucoup aimé ce documentaire, et malgré quelques fautes et de beaucoup trop de déviations des sujets, l’auteur arrive à nous faire connaitre une époque qui était beaucoup trop fantasmée.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s